top of page

Pep Costa, prêt à changer de monde

il y a 19 heures
5 min de lecture

Après les dépressions à répétition et le passage de la tempête Austen, Saint-Malo a retrouvé son calme juste à temps pour le grand rendez-vous. Dimanche, à 13 h 02, les 115 concurrents de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe devraient ainsi s'élancer dans des conditions autrement plus clémentes que celles redoutées il y a encore quelques jours. Une bonne nouvelle pour Pep Costa, qui s'apprête à vivre sa première édition à la barre de son Class40 VSF Sports. À 27 ans, le Catalan mesure pleinement ce qui l'attend : le grand spectacle du départ, la solitude qui suivra, les quelque 3 500 milles à parcourir et une concurrence particulièrement relevée. Mais l'impatience domine. Après des mois à travailler chaque détail, le skipper espagnol aborde l'échéance avec le sentiment d'avoir mis toutes les chances de son côté. Sans certitude sur la suite, évidemment, mais avec une envie intacte de se lancer dans la bagarre et de profiter pleinement de cette aventure qu'il attend depuis si longtemps.


objectif Route du Rhum

©Gaultier Lebec / VSF Sports


Une météo clémente, un défi intact


Après les coups de vent de ces derniers jours, la perspective d'un vent de nord-est modéré et d'une mer peu agitée a de quoi réjouir les 49 solitaires de la Class40. Loin des départs musclés qui ont parfois marqué l'histoire de l'épreuve et laissé des bateaux sur le carreau dès les premiers milles, cette édition devrait offrir une entrée en matière plutôt agréable. Pep Costa ne va certainement pas s'en plaindre.

« Pour une fois qu'on a un peu de chance de ce côté-là, il faut en profiter ! Partir au portant, c'est quand même plus sympa. On ne va pas se faire tabasser d'entrée et ça devrait nous permettre de nous éloigner assez rapidement des côtes. Personnellement, je préfère largement ça ! » 


Pour autant, le Catalan ne se raconte pas d'histoires. Une météo clémente au coup de canon ne préjuge en rien de ce que l'Atlantique lui réserve. « Dans ma tête, je sais très bien que ce ne sera pas facile. Même si on commence avec des conditions agréables, il y aura forcément des moments difficiles, plein de choses à gérer. Ce n'est pas parce qu'on part dans du beau temps que la transat devient simple ! » 


Cette perspective d'un début de course relativement paisible pourrait néanmoins faciliter une transition toujours délicate : quitter le rythme effréné des derniers jours à terre pour retrouver, seul à bord, les exigences de la compétition.


La tête déjà dans la course


Car Saint-Malo, Pep Costa en a pris toute la mesure. La foule, les sollicitations, les rencontres, l'ambiance incomparable du village : tout ce qui fait le charme de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe peut aussi finir par grignoter une énergie précieuse. Le skipper de VSF Sports a donc veillé à garder son rythme, sans se laisser happer par l'effervescence. Sport, alimentation, repos, vérifications techniques, préparation mentale : rien de révolutionnaire, mais une discipline à laquelle il tient. Jusqu'aux traditionnelles pâtes carbonara de veille de course, un rituel auquel il n'entend visiblement pas déroger. « J'ai réussi à mettre en place la routine que je voulais, à me préparer correctement et à faire attention à tous les détails. Je me remets dans les mêmes habitudes que pour les autres courses. La concentration est maximale, évidemment, mais il ne faut pas non plus se dire que, parce que c'est la Route du Rhum, on ne sait plus rien faire ! J'ai déjà beaucoup d'acquis, je me suis préparé du mieux possible et je sais pourquoi je suis là. »


Depuis plusieurs mois, le Catalan travaille également sur l'aspect mental. À quelques jours du coup de canon, il se projette déjà dans les premières heures en mer, cherchant à anticiper les manœuvres et les besoins qui seront les siens une fois seul à bord. « J'imagine le départ, j'essaie de me projeter, de réfléchir à ce qu'il faudra faire, à ce dont j'aurai besoin et à quel moment. C'est une manière d'anticiper plein de petites choses. Ça compte beaucoup dans la préparation. » 


Et puis il y a les hommes qui l'entourent. Louis Dubois, Pablo Santurde del Arco et les autres membres de son équipe constituent des appuis précieux dans cette dernière ligne droite. Avec Pablo, qui l'a notamment accompagné sur la CIC Normandy Channel Race, la complicité s'est forgée au fil des navigations et des mois de travail partagés. « Il est là depuis le début, il me connaît parfaitement et sait exactement comment je fonctionne. Faire les derniers checks avec lui, en se disant qu'on a préparé tout ça ensemble, du début à la fin, c'est vraiment beau. Ça me rend fier et ça m'aide aussi à prendre un peu de distance avec toute l'ampleur de l'événement. »


Dans une semaine où les questions, les attentes et les encouragements se multiplient, pouvoir compter sur des proches qui savent aussi quand le laisser tranquille n'a rien d'accessoire.


L'envie d'y être, tout simplement


Reste ce passage obligé, aussi spectaculaire qu'intime, où tout ce petit monde devra s'effacer. Pep Costa ne cache pas que les grandes cérémonies de départ ne sont pas ce qu'il préfère dans la course au large. Trop d'agitation, trop de choses à gérer en même temps, peut-être aussi cette impression de devoir patienter encore alors que l'essentiel est ailleurs. Son plaisir commence véritablement un peu plus tard, lorsque le bateau a trouvé sa vitesse, que les premières manœuvres sont derrière lui et que la navigation reprend ses droits. « Les départs, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement. Ce que je préfère, c'est une demi-heure ou une heure après, quand tu te dis : bon, ça y est, on est vraiment dedans, tout se passe bien, on a trouvé notre rythme. Pour moi, c'est ça le plus important. »


Dimanche, il faudra pourtant passer par cette séquence hors norme, au milieu de 114 autres concurrents, sous les regards de milliers de spectateurs. Une poignée de minutes pour quitter la terre, prendre ses marques et basculer dans une aventure de deux semaines environ. Le Barcelonais s'y prépare avec sérieux, mais sans chercher à donner à cette première participation une gravité excessive. « Je n'ai rien à regretter. Je me suis préparé du mieux possible, je suis resté concentré, avec le bon état d'esprit tout au long de ces derniers mois. Je sais que j'ai fait tout ce que je pouvais et que je suis prêt. C'est quand même très important de pouvoir se dire ça avant de partir. »


Dans une flotte de Class40 particulièrement dense, où les écarts se jouent parfois sur des détails, Pep sait qu'il lui faudra être juste, patient, opportuniste et capable de tenir la cadence dans la durée. Ce fameux « sprint qui dure quinze jours » ne laisse guère de place à l'approximation. Mais il n'a pas non plus l'intention de se présenter sur la ligne avec le frein à main serré. Après tout, c'est aussi pour se confronter aux meilleurs, faire ses propres choix et repousser ses limites qu'il s'est lancé dans cette aventure.


Et puis, derrière les ambitions sportives, il y a une perspective autrement réjouissante : traverser l'Atlantique en novembre, en solitaire, pour rejoindre les Antilles. De quoi donner quelques raisons supplémentaires de regarder vers l'ouest. « C'est quand même assez la classe de partir en Guadeloupe à cette période de l'année ! J'ai vraiment hâte. Je sais que ce ne sera pas simple, mais l'idée, c'est d'en profiter au maximum, d'arriver là-bas le plus vite possible et de savourer tout ce qu'on va vivre. » 


D'ici là, il reste quelques vérifications et ces heures où l'on regarde encore la météo en se demandant ce que l'Atlantique réserve. Bientôt, Pep Costa n'aura plus besoin de se projeter. Il sera dedans. Et c'est précisément ce qu'il attend. 


Logo VSF Sports Sailing Unit

Commentaires


Suivez VSF SPORTS
sur les réseaux sociaux

  • Facebook Social Icône
  • Instagram

Mentions légales

• Politique de confidentialité

VSF Sports est une écurie de sport automobile créée par VSF Vitro Service France, référence française du vitrage automobile.  En 2024, la structure sportive se développe et s’engage dans l’univers de la course au large avec un projet Class40. Le groupe VSF regroupe trois activités complémentaires : négoce de vitrage, outillage professionnel (Panther Pro) et formation (Glass & Boost).

GROUPE VSF
bottom of page