Une semaine à deux vitesses pour VSF Sports
- Louise LIECHTMANEGER
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Il aurait évidemment préféré inverser les deux résultats. Douzième de la grande course offshore de la 40’ Malouine – La Trinquette après avoir été piégé avec Pablo Santurde del Arco dans la pétole des premiers milles, Pep Costa a trouvé ce week-end la meilleure manière de digérer sa frustration. À bord de VSF Sports, l’Espagnol et son équipage ont enchaîné deux journées convaincantes sur le Trophée LodiGroup pour terminer deuxièmes ce dimanche, à un seul point de Bleu Blanc Planète Location. Une belle réaction qui change la couleur du week-end et, surtout, confirme l’essentiel à moins de deux mois de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe : le bateau va vite, le travail réalisé cet été porte ses fruits et son skipper continue d’accumuler les milles, les réflexes et la confiance.

©Pierrick Contin
Ne pas rester planté dans la pétole
Il y a des classements qui racontent imparfaitement une course. Celui de l’offshore malouin appartient à cette catégorie. Pris au piège dans les petits airs entre Saint-Malo et les îles Anglo-Normandes, Pep Costa et Pablo Santurde del Arco avaient vu une partie de la flotte s’échapper sans pouvoir véritablement défendre leurs chances. La douzième place avait forcément laissé un goût amer, sans remettre en cause les signes encourageants accumulés depuis le début de la saison. Dès que le vent était revenu, VSF Sports avait retrouvé du rythme. Restait à transformer la frustration en énergie. Mission accomplie lors du Trophée LodiGroup, avec deux journées particulièrement propres et une deuxième place finale arrachée à une petite unité des vainqueurs. « Ça aurait été mieux de faire les résultats dans l’autre sens ! Mais je suis vraiment content qu’on ait pu se refaire sur le Trophée, naviguer proprement et continuer à apprendre. On a essayé de faire les choses du mieux possible toute la semaine et, au final, cette deuxième place est une belle satisfaction. »
Quand le vent joue à cache-cache
Il fallait pourtant avoir les nerfs bien accrochés pour finir le travail aujourd’hui. Sous des dehors estivaux, la baie de Saint-Malo s’est transformée en véritable casse-tête, plusieurs flux se disputant un plan d’eau où les risées apparaissaient parfois sans prévenir. « Il y avait deux vents… voire trois ou quatre ! Ça venait de tous les côtés et ce n’était pas forcément marqué sur l’eau. Entre les molles et les petites zones de pression ici ou là, c’était vraiment difficile à lire. » Une dernière manche à l’image, finalement, de quatre jours largement dominés par les petits airs. De quoi éprouver la patience autant que la vitesse. « La pétole, c’est très compliqué. Il y a toujours une part d’aléatoire : parfois tu n’as pas beaucoup de réussite, parfois tu en as davantage. Il faut continuer à faire les choses proprement et accepter que ça ne joue pas toujours comme tu le voudrais. C’est la régate. Si c’était facile, tout le monde saurait faire ! »
L’envie du large
Pep Costa préfère donc regarder ce que Saint-Malo lui a apporté plutôt que ce que la pétole lui a pris. Après le chantier estival consacré à la fiabilisation et à l’optimisation de VSF Sports, cette 40’ Malouine – La Trinquette devait permettre de relancer la machine, de retrouver le rythme de la compétition et de continuer à éprouver le bateau face à une concurrence particulièrement affûtée. La réponse est positive. « Il y a eu beaucoup d’apprentissages et de belles choses. Il faut naviguer, s’entraîner, rester dans le rythme. Tout ça va dans le bon sens. Ça permet de ne pas s’endormir, de continuer à travailler et de mettre le projet dans une bonne dynamique. »Et désormais, le calendrier commence sérieusement à se resserrer. Dans quelques semaines, VSF Sports retrouvera Saint-Malo, cette fois pour le grand rendez-vous de la saison. Les petits airs de septembre auront alors probablement laissé place à un tout autre registre, mais Pep ne demande justement qu’à changer d’échelle. « Sur le Rhum, on aura sûrement d’autres problématiques. Maintenant, moi, j’ai envie de faire du large, de retrouver le vrai exercice. » Dans quelques semaines, il ne s’agira plus de préparer le grand rendez-vous, mais de le vivre.





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